Connaître et prévenir le mal aigu des montagnes

Pour tout trekkeur qui souhaite s’aventurer sur des treks d’envergure, ou des trekkings peaks, la question récurrente du mal des montagnes se pose. Quelque soit la latitude ou le continent, que ce soit en Himalaya, au Pamir, au Kilimandjaro, dans les Monts Tian Shan ou encore en Amérique du sud, vous devrez composer, plus ou moins, avec les maux de l’altitude.
Mal aigu des montagnes (MAM), sommes nous tous égaux ?
Une personne sur deux est sujette, lors d’un séjour en altitude, à un mal des montagnes bénin. Une sur cent va connaître une aggravation sévère du MAM. Nous ne sommes donc tous pas égaux devant le mal des montagnes. Par ailleurs certaines personnes vont connaître les premiers symptômes dès 2500 mètres, quand d’autres les développeront au delà des 3500 m, ou pas.
Enfin même en ayant fait plusieurs séjours, treks ou expéditions en altitude sans encombre, on n’est pas à l’abris, un jour, de connaître ces maux. Bien sûr dans ce cas là on capitalise, sans nul doute, sur une bonne connaissance de son corps et de ses réactions à l’altitude. L’expérience est toujours une excellente chose, elle est ici gage de savoir comment il faut fonctionner, lorsque l’on est en altitude.
Nous ne sommes pas tous égaux devant l’altitude
Mal aigu des montagnes, connaître les symptômes
Pour les symptômes « bénins » qui s’estompent en 24/48 heures, ils se manifestent généralement par des mots de tête, de l’insomnie, une perte de l’appétit.
De l’essoufflement et une respiration difficile au repos, des nausées, des vomissements, des vertiges, une fatigue anormale, une baisse des urines, peuvent venir renforcer la sévérité des symptômes, on parle alors de MAM modéré.
Afin d’auto-diagnostiquer un mal aigu des montagnes, tous ces signes font l’objet d’une note de « gravité » :
– Céphalées: 1
– Nausée ou anorexie: 1
– Insomnie: 1
– Céphalées ne cédant pas à l’aspirine: 2
– Vomissements: 2
– Dyspnée de repos: 3
– Fatigue anormale ou importante: 3
– Baisse de la diurèse: 3
Ces signes permettent établir un « total » et de faire un premier diagnostic.
- Total de 1 à 3 : MAM léger (aspirine). Tout doit rentrer dans l’ordre rapidement
- Total de 4 à 6 : MAM modéré (aspirine, repos et arrêt de la progression). Reprendre la progression avec vigilance, une fois les symptômes passés.
- Total supérieur à 6 : MAM sévère Perte d’altitude OBLIGATOIRE.
Mal aigu des montagnes, comment s’en prémunir ?
Il convient de chercher à acclimater son organisme à l’altitude dans un premier temps.
Quelques bonnes pratiques sont incontournables.
- Privilégiez un itinéraire de montée, si possible en dent de scie.
- Montez progressivement en altitude, avec des paliers raisonnables entre chaque étapes. 400m/ 500m maximum par jour.
- Progresser lentement, en faisant des pauses toutes les 30 minutes.
- Profitez des temps de pauses et de repos pour se ré-oxygéner naturellement. Vous pouvez par exemple faire des séries de respirations profondes.
- Réhydratez vous au delà de la sensation de soif. Au Népal, dans tous les lodges il vous sera proposé des boissons chaudes dans des récipients de type thermo, avec des capacités de plusieurs tasses.
- Soyez attentif à votre alimentation, au repas du soir dans les lodges privilégiez par exemple les soupes, qui vous apporterons en plus des nutriments, un complément hydrique intéressant.
- Soyez à l’écoute de votre corps et gardez raison, même si la forme est là. Pas d’efforts intenses les premiers jours de trek.
Dans un second temps il faut chercher à éviter de rentrer dans la phase de dégradation de l’organisme, qui survient après un séjour prolongé en altitude. Au delà de 5500 mètres l’organisme s’y dégrade de façon irrémédiable. On observe une perte de poids, de
de muscle et vraisemblablement… de neurones ! Une dégradation d’autant plus rapide que l’on reste et surtout que l’on dort haut, d’autant plus vite que l’on y réalise des efforts intenses. La prise d’aliments variés et surtout de boissons y est insuffisante. On parle là plus sur les expéditions, mais aussi sur les trekkings peaks, comme par exemple le Mera Peak où le camp supérieur se trouve à l’altitude de 5780 m.
Mal aigu des montagnes, déceler une aggravation et mesures à prendre
Comme nous l’avons vu plus haut, lorsque certains symptômes sont présents et persistent, le Mal Aigu des montagnes est à un stade sévère.
La solution d’urgence est de placer la personne dans un caisson hyperbare Certec*. Une à deux heures à l’intérieur du caisson permettent une régression partielle ou complète des symptômes.
La sensation d’un retour à la normale n’est que passagère. Il est dangereux de séjourner à la même altitude ou de poursuivre l’ascension.
Il ne faut pas risquer les deux accidents exceptionnels mais redoutables de la haute altitude qui sont, l’œdème pulmonaire et l’œdème cérébral de haute altitude.
- L’Œdème Pulmonaire de Haute Altitude (OPHA)
Il est marqué par une sensation d’étouffement, une respiration bruyante. Les lèvres et les oreilles deviennent bleues (cyanose), des crachats mousseux, parfois roses peuvent apparaître. Il survient souvent la nuit, après une journée d’efforts intenses. La fatigue est majeure, parfois une forte toux sèche fait croire à un début de bronchite.
La saturation en oxygène, mesurée par un oxymètre portable est fortement dégradée. - L’Œdème Cérébral de Haute Altitude (OCHA)
Il se caractérise par une fatigue extrême, des vomissements parfois brutaux et en jet. Le mal de tête est persistant et devient insupportable, il n’est plus calmé par l’aspirine. La personne a de la peine à se tenir debout, vertiges et un comportement bizarre sont présents. Le coma va survenir rapidement. Parfois il n’y a pas de mal de tête, mais simplement une grande lassitude ou des troubles de l’équilibre ou seulement des troubles du comportement (abattement, agressivité).
Dans les deux cas d’Œdème l’urgence est extrême. Passage dans un caisson, pour stabiliser et améliorer l’état, avant évacuation rapide vers des altitudes plus propices à la vie.
Durant nos treks en Himalaya et particulièrement sur les programmes de trekking Peaks et sur les treks engagés, nous disposons dans notre équipement d’un caisson hyperbare de la marque Certec, pour palier à toute éventualité.
Nos guides de treks connaissent particulièrement bien le sujet de l’acclimatation et du mal des montagnes. Ils sauront vous accompagner au mieux si vous présentez un ou plusieurs des symptômes. Un protocole de suivi journalier est mis en place, il permet de déceler l’évolution de votre forme et une éventuelle dégradation de votre état de santé.
On le voit, le sujet n’est pas à prendre à la légère. Autant qu’il peut gâcher votre trek et mettre en danger votre santé s’ils ne sont pas bien appréhendés.
Nous vous conseillons vivement une consultation médicale avant le départ et de réaliser un test d’effort sous hypoxie. Pour trouver un centre spécialisé proche de chez vous, nous vous recommandons de visiter le site internet de l’Ifremmont
Vous pouvez également consulter le site de l’association Arpe Altitude

Mesokanto

Tour du Manaslu camp à 4460 m

Trek Haut Mustang en hiver

trekking Peak 5357 m

Glacier de Ngoz Umba
Par ailleurs et en amont du trek, nos guides sauront vous conseiller sur l’équipement personnel à amener. Nous pensons là en particulier à l’équipement de protection contre le froid.
Souvent, dans les programmes de treks des agences de voyages d’aventure, cet aspect n’est ni évoqué, ni traité. Pourtant le froid est bel et bien présent sur les treks au Népal, en particulier sur les étapes au dessus de 3500 mètres. Tout spécialement pour les étapes dans les lodges d’altitude, généralement plus rudimentaires et où la salle commune est peu ou pas chauffée.
Le corps fatigué par les efforts de la marche et l’altitude a alors besoin de plus de récupération, le froid et l’humidité viennent contrarier celle-ci.
Disposer d’un bon sac de couchage, de chaussons en duvet vous permettra de passer une nuit douillette bien au chaud, même si au petit matin il fait 0 ou – 1° dans votre chambre. Une doudoune de haute qualité, des gants conçus pour l’altitude, sont aussi des équipements personnels à ne pas prendre à la légère, lors de leur acquisition. Une mauvaise récupération sollicitera encore plus votre organisme et viendra compliquer l’acclimatation.
Ce confort personnel sera encore plus indispensable pour des treks avec étapes sous tente.
Nous avons lié des partenariats avec des marques népalaises qui fabriquent des équipements de haute qualité pour les conditions de froid et d’altitude. Vous pouvez acheter ces équipements sur commande auprès de notre agence, à des tarifs très compétitifs et avec un conseil personnalisé.